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Robot tondeuse sans fil périphérique : comment il se repère

Jardin 9 min de lecture
Antenne satellite d'un robot tondeuse posée sur un piquet au milieu d'une pelouse tondue, station de charge au second plan

Quatre mètres. C’est la largeur en dessous de laquelle un passage bordé d’obstacles hauts des deux côtés fait décrocher un robot tondeuse guidé par satellite, d’après le guide d’installation de Husqvarna. Le chiffre dit tout ce que change l’abandon du fil enterré : la contrainte ne porte plus sur ce qu’on creuse, elle porte sur ce que le jardin laisse voir du ciel.

Trois procédés se partagent les robots tondeuses sans fil périphérique : le positionnement satellite corrigé, la vision par caméra et le LiDAR. Aucun ne convient à tous les terrains, et le tri se fait sur la forme du jardin bien plus que sur sa surface. Un terrain dégagé de 2 000 m² pose moins de problèmes qu’un jardin de ville de 300 m² coincé entre deux murs et planté de trois arbres.

Sans fil périphérique, trois procédés se partagent le terrain

Le fil réglait une question et une seule : où s’arrête la pelouse. Il la réglait mal, puisqu’il casse et fige le tracé pour des années, mais il ne doutait jamais. Les trois procédés qui le remplacent y répondent par des moyens sans rien de commun.

Le positionnement satellite corrigé, appelé RTK, calcule la position du robot au centimètre en comparant ce que reçoit une antenne fixe et ce que reçoit la machine. La vision par caméra ne calcule aucune position absolue : un réseau de neurones embarqué regarde l’image et décide, image après image, ce qui est de l’herbe et ce qui ne l’est pas. Le LiDAR balaie l’environnement au laser et en tire une carte de distances, sans avoir besoin ni de ciel ni de lumière.

Trois procédés, donc trois façons de tomber en panne. C’est cette colonne-là qui décide de l’achat, pas celle des surfaces.

ProcédéComment il trouve la limiteCe qui le met en défautSurface et pente annoncéesCe qu’on mesure avant d’acheter
Satellite corrigé (RTK)une carte tracée une fois, tenue au centimètre par une antenne fixemurs, cimes d’arbres, passages étroits600 à 7 500 m², jusqu’à 45 %la largeur du passage le plus étroit, la part de ciel visible
Vision par caméral’image analysée en direct, herbe contre non-herbeobscurité, herbe montée, grandes surfaces600 à 1 600 m², jusqu’à 30 %la surface totale, l’heure de tonte souhaitée
LiDARun balayage laser qui mesure les distancesbordures au ras du sol, sans relief800 à 3 000 m², de 27 à 55 %la netteté des limites entre pelouse et allées

Le satellite corrigé se règle sur ce que le jardin laisse voir du ciel

Un robot RTK reçoit des satellites, et avec eux une correction, envoyée par internet ou par une station de référence posée dans le jardin. Husqvarna annonce une précision « généralement supérieure à 5 cm » avec la correction par internet, et de l’ordre de 2 à 3 cm avec sa station de référence EPOS RS1, qui couvre un rayon de 100 mètres autour d’elle.

Ces chiffres ne valent que si l’antenne voit le ciel. Le même constructeur réclame une vue dégagée sur au moins 135 degrés au-dessus de la station de référence, 6 mètres de dégagement devant la station de charge, et signale deux configurations où le signal se dégrade : les passages de moins de 4 mètres bordés d’objets hauts des deux côtés, et les zones où la cime des arbres se trouve à moins de 4 mètres de la limite de tonte.

Traduit en jardin, cela vise le pied des murs, le dessous des grands arbres, et l’arrière d’un brise-vue de bambous en pot assez haut pour masquer un quart du ciel. Un terrain de 3 000 m² sans un arbre tient sans broncher. Une bande de 4 mètres entre une maison et une clôture pleine fera décrocher exactement le même robot.

La caméra lit l’herbe, et décroche quand la lumière tombe

La vision renverse le problème : au lieu de chercher où il se trouve, le robot regarde ce qu’il a devant lui. Chez Worx, le réseau de neurones embarqué examine une nouvelle image toutes les 0,05 seconde et sépare l’herbe du reste. Le robot longe donc une allée ou un massif sans qu’aucune limite ait été enregistrée au préalable.

Deux choses distinguent ce procédé. Il ne demande ni antenne, ni ciel, ni carte préalable. Et il suit une bordure qui bouge, là où un tracé virtuel figé impose de refaire la carte : c’est ce qui le rend efficace le long d’une bordure de pierre posée de travers ou d’un massif qui s’élargit d’une saison à l’autre.

Ses limites tiennent au capteur. Une caméra a besoin de lumière, donc la tonte de nuit reste hors de portée des modèles qui ne s’appuient que sur la vision. Une herbe montée à 15 centimètres brouille le contraste entre pelouse et bordure. Et le repérage, faute d’être absolu, se dilue sur les grands terrains : la gamme Landroid Vision de Worx s’arrête à 1 600 m². Un relevé à jour recense les robots tondeuses à vision par intelligence artificielle modèle par modèle, avec la surface tenue et la hauteur de coupe de chacun.

Le LiDAR mesure des distances au lieu de reconnaître des formes

Un LiDAR envoie des impulsions laser et chronomètre leur retour. Il en tire des distances, pas des images. Il travaille donc dans le noir aussi bien qu’à midi, et aucune ombre portée ni aucune herbe grillée ne le trompe.

Le gain se voit surtout sur les jardins que les deux autres procédés refusent : les bandes étroites entre deux murs, le dessous d’un arbre isolé, les cours fermées. Ecovacs, arrivé en Europe sur du RTK, a basculé sa gamme vers un LiDAR à balayage circulaire et annonce jusqu’à 400 m² tondus par heure sur son GOAT A3000, avec une pente admise de 15 degrés et une recharge de 70 minutes.

Le laser garde pourtant un angle mort, et il vient de sa nature même : il lit des volumes, pas des matières. Une plaque d’herbe rase et une allée de gravier au même niveau se ressemblent beaucoup pour un laser. C’est pourquoi presque tous les modèles LiDAR y ajoutent une caméra frontale.

La surface annoncée est un débit horaire multiplié par des heures de tonte

Les surfaces des fiches techniques ne se mesurent pas de la même façon d’un constructeur à l’autre. Elles se déduisent d’un débit horaire multiplié par les heures de tonte programmables dans la semaine. Le GOAT A3000 annonce 400 m² par heure ; le catalogue Husqvarna étage ses modèles de 600 m² pour l’Aspire R6V à 7 500 m² pour l’Automower 450V NERA.

Ce que ce chiffre ne dit pas : un terrain coupé en quatre morceaux par une allée ou un portail ne se tond pas comme un rectangle de même surface. Le robot doit savoir passer de l’un à l’autre. Certains gèrent des dizaines de zones dans l’application mais demandent qu’on les porte à la main d’une zone à l’autre ; d’autres franchissent un couloir de passage à condition qu’il dépasse le mètre de large.

Au-delà de 1 500 m² environ, la question déborde du robot. C’est le seuil à partir duquel le tracteur tondeuse redevient une option sérieuse, en particulier sur un terrain d’un seul tenant que rien n’oblige à découper.

La pente se lit en degrés chez le fabricant, en pourcentage dans les essais

Deux unités circulent, et les confondre coûte cher au moment de l’achat. Les fiches Navimow annoncent 24 degrés sur la série i2 AWD, ce qui fait 45 %. Ecovacs annonce 15 degrés sur le GOAT A3000 LiDAR Pro, soit environ 27 %. Un robot peut donc paraître deux fois plus capable qu’un autre alors que les deux chiffres décrivent la même inclinaison.

Le chiffre réel dépend d’autre chose que de l’annonce. Le nombre de roues motrices d’abord : les quatre roues motrices n’apparaissent que sur les gammes hautes, et c’est ce qui sépare un talus tondu d’un talus qui fait patiner la machine. L’herbe mouillée ensuite, qui retire quelques degrés à toutes les annonces. Une pente qui longe une limite de terrain ajoute un risque propre : le robot y dérive de quelques centimètres, et sur un tracé virtuel, quelques centimètres suffisent à mordre le massif du voisin.

Installer un robot tondeuse sans fil périphérique se prépare au mètre ruban

La pose demande une demi-journée. Le travail utile, lui, se fait avant la livraison. Trois mesures suffisent à savoir si le procédé choisi tiendra : la largeur du passage le plus étroit, la distance entre la limite de tonte et la cime des arbres qui la surplombent, et le dégagement devant l’emplacement prévu pour la station de charge, que Husqvarna fixe à 6 mètres au minimum dans son guide d’installation sans câble.

Le jour de la pose, l’ordre ne varie guère. La station de charge va sur une surface plane et stable, l’antenne au point le plus dégagé du terrain, puis un tour complet en pilotage manuel depuis l’application trace la limite. Le marquage des zones interdites vient ensuite : les massifs et le bassin. Comptez une heure pour un jardin simple, davantage dès que les zones se multiplient.

L’antivol se configure dans la foulée et mérite dix minutes. Trois couches se cumulent : un code PIN qui bloque le démarrage, une alarme sonore déclenchée au soulèvement, et un suivi de position qui signale une sortie de zone. Aucune ne remplace le rangement, et un robot qui passe la nuit dans un abri de jardin en métal fermé ne se vole pas.

Le prix suit la surface couverte, l’entretien suit les lames

Le tarif public de Navimow donne une échelle lisible parce qu’il couvre toute la gamme d’un même constructeur : 799 € pour un modèle donné à 500 m², 1 199 € pour 1 000 m², 1 599 € pour 2 000 m², 3 199 € pour le haut de gamme annoncé à 5 000 m². Le procédé de repérage pèse moins lourd que la surface. Chez ce fabricant, passer du LiDAR simple au LiDAR renforcé coûte 400 € et rapporte 5 degrés de pente, quand doubler la surface couverte coûte à peu près la même somme.

À cela s’ajoute ce que la fiche ne facture pas. Une station de référence satellite se paie à part quand le jardin ne capte aucune correction par internet. Husqvarna propose aussi ses robots sans câble en location, à partir de 41,99 € par mois. L’entretien tient en une pièce. Husqvarna conseille de changer le jeu de lames du disque de coupe toutes les quatre à huit semaines, et compte 9 à 12 semaines pour les lames de son disque de bordure, qui ne travaillent que par intermittence. Les lames se changent par jeu complet, vis comprises, pour préserver l’équilibrage du plateau : un jeu coûte quelques euros, le remplacement d’un moteur de coupe passe par l’atelier.

Reste ce qu’aucune fiche ne dit. Les surfaces, les pentes et les précisions annoncées viennent toutes des constructeurs, mesurées selon des protocoles maison qu’aucune norme publique n’harmonise. Les seuls chiffres qu’un acheteur vérifie lui-même sont ceux de son propre terrain, et ce sont eux qui décident du procédé, avant l’ouverture du moindre comparatif.